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Reviews concerts et sons

Mercredi 31 août 2005

           Pour la seconde édition du Ja'Sound, changement de décor : après Lézan, le festival s'est installé à Bagnols-sur-Cèze, parc Arthur Rimbault, sur les ruines (et les dates) du Jamaican Sunrise. L'idée étant probablement de récupérer une partie du public... Toujours une prog très alléchante - de loin LE rendez-vous français annuel de l'amateur de roots, mais un tout petit peu moins pointu que l'an dernier, avec quelques concessions à la scène new roots-dancehall diversement appréciables. Mais bon, big up pour l'orga, en ce début Août l'amateur de basses est méga chaud, prêt à affronter les heures de trajet, les queues, la poussière, les nuits courtes et l'hygiène approximative propres à tout festival pour se gaver de son comme jamais.

            Le site est un peu décevant par rapport à celui de Lézan; un peu plus étriqué, et puis niveaux camping c'est un peu moins simple car on est en ville. Cela a aussi l'avantage de pouvoir se ravitailler au village facilement chez des commerçants dont certains ont pas mal joué le jeu du Red Gold & Green... Enormément de stands cette année, beaucoup de disquaires intéressants (Reggae Addikt, Good Vibes, Patate, Musical Riot & Florent ex-Reggae Jam), pas mal d'artisanat et d'Ital food, sympa, même si pour certains ça peut faire un peu trop mercantile. Mais, parlons musique.

Mercredi 3 Aout:

            Ce n'est 'que' la soirée d'ouverture, aucun concert, uniquement des sound systems, mais c'est probablement celle dont on a le plus entendu parler. Normal, c'est une première en France (voire en Europe continentale ?) : 3 'heavyweight' sound systems UK style parmi les plus réputés, jouant chacun sur leur propre système de son, et en plus c'est en extérieur les pieds dans l'herbe - enfin, dans la poussière.

Les protagonistes :

* Les anglo-hollandais de King Shiloh. Ce ne sont pas des inconnus en France puisqu'ils y ont déjà joué quelques fois avec leur son, et c'est à ma connaissance le seul son non basé en angleterre à jouer fréquemment dans la patrie du dub style moderne, inna ingland. Full crew prévu à la base (et ils sont pas mal !) mais finalement Lyrical Benjee, leur frontline singjay (l'album "Rastaman style" et surtout "Ten Plagues", gros carton d'il y a deux ans) ne pourra pas venir. Dommage, la star sera le son (24kW fait main, très écoutable car les basses sont énormes mais les medium et aigus pas trop fort) et la sélection, bredda Neil derrière la platine.

* Aba Shanti-I. Sans doute la référence derrière Shaka. Lui aussi a pas mal tourné en France, mais là il a amené sa sono ;-). L'an dernier sa prestation sur les sons couplés de Lion Roots et Reality avait été très écourtée, indispensable donc de l'inviter à nouveau.

Aba peut tout faire tout seul, à part peut être bouger les caisses... Sélection, opération, animation & chant, même s'il se fera aider par Murray Man et son frère Blood Shanti. Un début de soirée très roots particulièrement massacreur, peut être pas beaucoup de vraies raretés ou de dubplates, mais d'énormes morceaux qu'il fait toujours plaisir d'entendre et de ressentir en son. Notamment le "Children of the Emperor" sur Uprising, récemment réédité et qui a du après ça partir très rapidement dans les stands du site. Plus tard dans la soirée, Aba nous prouve - si besoin était - qu'il est aussi à l'aise sur les sons plus récents et plus digitaux (c'est quand même un ancien de chez Jah Tubbys), avec lesquels le public 'dub' français accroche particulièrement. Son mix est très old school : des sirènes mais peu d'effets, tout se joue dans le basses qu'Aba Shanti-I a une manière toute particulière de retenir. Pour la plupart des sound systems, le morceau démarre avec les tops only et l'opérateur lâche toutes les basses au premier refrain. A ce moment là tout le monde saute partout, pull-up, etc., mais si le morceau n'est pas un immonde boucherie l'enthousiasme retombe avant la fin. Aba, lui, ne te donne pas tout tout de suite ! Ca monte progressivement, ça redescend un peu, et finalement il faut parfois attendre la fin du dub pour se prendre les plus gros coups à l'estomac ! Certains n'accrochent pas, d'autres adorent. Faut dire qu'il peut aussi se le permettre parce que sa sono en a en réserve. Seuls reproches : les variations de volume importantes (hé oui, un maxi ça sonne plus fort qu'un LP, faudrait peut être adapter...) et des aigus parfois vraiment meurtriers... ce n'est rien en comparaison de ce qui suit !

* King Earthquake. Par contre, lui est loin d'être une star chez nous car il n'est jamais venu, c'est une première, mais il est précédé d'une réputation terrorisante colportée par ceux qui ont eu la chance de le voir à Londres ou, pire, chez lui à Birmingham. Un petit coup d'oeil à son matos dans l'aprèm nous confirmera que ce n'est pas un rigolo. C'est que le môssieur, un Ras anglais d'origine pakistanaise, aime bien le beau matériel et l'organisation : préamp maison tout en chromes, effets numériques dernier cri sous la traditionnelle platine antédiluvienne 'Shaka style', et surtout deux énormes tours carrées aux couleurs militaires dont les nombreux tweeters font presque aussi peur que les caissons ! Au cours de la soirée il passera quelques vieilleries et nouveautés roots, mais ça sonne quand même de manière assez particulière... que des basses et des aigus, vraiment pas beaucoup de médiums. Le son de King Earthquake semble plutôt fait pour les sons heavy stepper, on se rappellera notamment de ce "Judgement Time" asséné après un speech de 5 min sur l'imminence de l'apocalypse... Shanti te fait bouger les tripes, mais King Earthquake, sur des tunes de ce gabarit, nous prouve qu'il mérite bien les 2 parties de son nom. Oui, oui, vous m'avez compris : la terre tremble. Et dire que la moitié des caissons de basses sont restés à Birmingham parait-il !

Au final, une soirée qui a pas mal tenu ses promesses. Ok, il y a eu quelques petits problèmes avec le groupe électrogène qui a parfois empêché Earthquake et Shiloh de jouer à pleine puissance. Ok, l'arène était trop petite pour contenir tout le monde. Ok, les sélecteurs n'ont peut être pas sorti leurs morceaux les plus rares. Ok, une grande partie du public n'était pas spécialement averti (on a vu des gens se poser devant la scène à l'ouverture pour être bien placés pour les concerts !). Mais ce premier 'Dub Academy', en référence revendiquée au 'University of Dub' organisé tous les mois par Aba Shanti-I à Brixton, en plus de nous avoir fait bien plaisir, aura permis à un certain public roots (3000 personnes) de découvrir la culture Sound System, voire d'en faire parler à plus grande échelle.

Jeudi 4 Août :

Cette fois-ci, place au Live... après un Ras Shiloh suivi de loin et gentiment distrayant, le festival accueille un des groupes roots dont on parle beaucoup en ce moment : Groundation. Outre la voix assez particulière du chanteur, nasillarde mais expressive, Groundation se démarque par une conception relativement ouverte du reggae. Jazz, funk, pop, autant d'influences diverses apportées par les membres du groupe, américains et blancs, qui savent apporter du neuf dans une musique malgré tout assez codifiée. Si cela reste résolument roots, privilégiant les tempos lents, le groupe se remarque par l'excellence de sa prestation instrumentale, aussi bien collective - c'est en place - qu'individuelle, les solos de cuivres nous feront particulièrement décoller. Cela prouve, comme la suite nous le confirmera, la supériorité des 'vrais' groupes, dont les musiciens jouent ensemble depuis des années, sur les combinaisons chanteur + backing-band...

Les Twinkle Brothers maintenant. Le concert du mois de novembre à Aix nous avait fait bien tripper, celui-ci tiendra ses promesses, même si c'est un peu trop identique (tracklist), et cette fois ci pas de Dub Judah en solo. Dub Judah à la basse donc, Black Steel à la guitare... ce groupe est presque un 'All Stars', et autant dire qu'avec de tels musiciens, c'est carré et ça dépote. Norman Grant dépote lui aussi avec une énergie et un charisme impressionnants. Mais, pourquoi s'obstine-t-il à se faire présenter comme 'The Twinkle Brothers' alors que son frère ne chante plus avec lui depuis des lustres ? Ca nous rappelle le 'Michigan & Smiley' de l'an dernier dont il ne reste plus que Michigan... Niveau son, rien à voir avec le groupe précédent car les Twinkle sont particulièrement à l'aise avec les steppers uptempo, et ont su donner un nouveau souffle à leurs vieux tubes 'Jahovia', 'Free Africa', 'Never get burn', 'Don't forget Africa', 'One Head', qu'ils ressortent d'ailleurs en 7" dans ces versions actualisées dans l'esprit du son anglais. Les nouveautés tirées des 2 albums sortis cette année sont pas mal non plus, notamment un 'Praises on the dancehall' qui balaie tout sur son passage ! Un des meilleurs groupes de ces 3 jours, et surtout le plus dansant...

Après ça, le 5th Element Crew et Richie Spice va avoir du boulot... C'est du new roots d'assez bonne qualité, le show est correct, quelques bonnes tunes qu'il fait toujours plaisir d'entendre en Live : plusieurs cuts sur LE riddim new roots de l'an dernier, le Hard Times, une reprise sympa du 'Some Like it Hot'... mais on n'atteint pas le même niveau, et même la présence scénique est en dessous. Dommage, mais difficile de passer après les Twinkle !

Vendredi 5 Août :

Cette soirée se voulait au début la 'soirée des filles' avec les I-threes, Queen Omega et Sister Carol mais, les I-threes annulées suite aux caprices de Rita Marley, et Queen Omega reportée au lendemain pour cause d'avion raté 3 fois (il y en a qui ont vraiment envie de jouer !), il n'en reste pas grand chose. Cela débute donc par un Lyricson 1h 1/2 en retard car visiblement, ca ne l'enchantait pas d'ouvrir. Il aurait mieux fait de pas venir tout court, ça braille beaucoup pour pas grand-chose... mais le public est chaud et pas mal de gens sont, semble-t-il, venus pour lui donc...

Natty King remplace au pied levé Queen Omega pour un concert qui, dans la catégorie petits jeunes, sera le plus réussi des 3 jours d'un point de vue strictement musical : les tunes sont accrocheuses et Natty King a une voix bien posée et une belle présence scénique, sans pour autant trop en faire.

C'est ensuite au tour de Sister Carol, une artiste qui a su au fur et à mesure de ses passages dans l'hexagone se tailler une certaine réputation. Réputation en bonne partie justifiée, c'est sympa et maîtrisé mais pas ultra créatif, beaucoup de riddims classiques. Mais elle déborde elle aussi très largement de son timing et la soirée prend du retard !

Midnite, groupe lui aussi très attendu, saura un peu plus sortir du lot. C'est du gros roots, lent et hypnotique... très intéressant mais il faudra leur couper le jus pour les forcer à s'arrêter - décidément !

Au final c'est à 3h que Misty in Roots monte sur scène : il reste plus grand monde est on n'est plus trop réceptifs... dommage car leur bon répertoire est pas mal mis en valeur, avec beaucoup de séquences dub sur la fin des morceaux.

Les grands perdants de la soirée seront les amateurs de Sound-System... en effet, Iration Steppas était programmé en inter concerts mais devait aussi jouer une heure à la fin, au final avec tout le retard pris ils ne feront que 3 sessions d'1/4h chacun... frustrant ! Et d'autant plus qu'ils nous ont mis l'eau à la bouche. Sentant bien qu'il va falloir faire vite, Mark Iration, absolument déchaîné, attaque direct sur ses meilleures dubplates avec le son de Lion Roots qui, s'il ne rivalise pas en puissance avec ceux des anglais, sonne vraiment bien. Et le public répond par le meilleur forward des 4 jours... mais 3 fois 1/4 d'heure, quel dommage !

Samedi 6 Août :

Grosse grosse affiche pour cette dernière journée, et beaucoup de monde (7000 personnes) ! Un mini set de Natty King pour ceux qui étaient venus spécialement pour lui ce soir là, et Queen Omega daigne enfin se radiner (elle ose même un "Les forces de Babylone m'ont retenue" plutôt gonflé), elle est assez attendue. Un show suivi de loin, qui nous a semblé plutôt correct, mais est-ce que ça vaut vraiment la peine d'inviter des artistes dont la tête ne cesse d'enfler, alors que d'autres, meilleurs, seront à l'heure ?

Vient ensuite l'heure des légendes... Trinity débarque avec ses classic tunes ! Il nous fait un show mi-chanté, mi-DJ, avec un backing band local qui s'en sort assez honorablement. 'Three piece suit', 'Stop that train'... Yabby You enchaîne avec les mêmes musiciens. On le sait très affaibli, au point que sa venue sur la scène du festival paraissait assez incroyable aux yeux de beaucoup. Mais il est arrivé une bonne semaine à l'avance histoire de récupérer du voyage et, même s'il arrive sur scène avec ses béquilles et chante assis, il restera plus d'une heure et quart et on sent bien qu'il donne son maximum. Artistiquement c’est un peu juste, Yabby You, même s’il n’a jamais été un très grand vocaliste, doit un peu se faire aider, et surtout les musiciens ne suivent pas, ils semblent ne pas être très à l’aise avec le répertoire, ni avec le style en fait… C’est justement le répertoire qui sauve la mise, et l’émotion, sur et devant la scène. Pour la plupart, c’est la première fois que nous voyons Yabby You en live, et on a tous conscience que c’est peut être la dernière. Sûrement pas le meilleur concert du festival, mais un moment qui restera malgré tout dans les mémoires.

C’est Black Uhuru qui conclut la partie concert de la soirée, sans Sly & Robbie malheureusement. Ca bouge bien quand même, encore un concert avec beaucoup de classiques, ‘Guess who’s coming to dinner’, etc. Les dubwises tapent pas mal et Mikael Rose est très à l’aise, il emporte le public avec lui… Duckie Simpson est plus en retrait, il se cantonne à son rôle de choriste. Dans ces conditions on voit mal pourquoi l’affiche indique ‘Black Uhuru’ et pas ‘Mikael Rose’, cette reformation est un peu marketing, mais on passe un très bon moment.

Le festival se conclut par un set malheureusement très écourté des Bush Chemists, alias Dougie Wardrop + Kenny Knots et Culture Freeman. Cela se passe sur le son de Reality Sound, qui n’est pas vraiment à la hauteur en comparaison de ce qu’on a vu les jours précédents – contrairement à la sélection de Boris, le sélecteur, en début de soirée, dommage. Dougie assure vraiment le minimum au niveau du mix, il se contente de passer ses morceaux qui sont heureusement excellents. Une fois de plus, le retard pris les empêchera de jouer très longtemps, et la soirée s’achève alors que Culture Freeman embrayait sur le ‘Fittest’, une véritable tuerie de sound system…

 

Au final, un bilan largement positif : du monde, de très bons concerts, pas d’annulation de dernière minute et une ambiance bien cool. Mais quelques progrès à faire : arrêter de reléguer les sound systems au rang de bouche-trou, essayer de tenir les plannings – même si ce serait aussi aux artistes d’y mettre du leur mais ne rêvons pas, et puis essayer de trouver un site un peu mieux, surtout pour ce qui est des conditions de camping. Et au niveau de la prog, disons que cette année il y en avait pour tous les goûts en restant dans le roots, pourvu que ça dure !

Par Jah Fever
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Mercredi 26 octobre 2005

Cabaret sauvage le 15 octobre :

Aba Shanti-I

King Earthquake featuring Winston Fergus

Blackboard Jungle featuring African Simba

Pour cette saison, les ‘Dub Meetings’ – anciennement Paris Dub Club – mettent les bouchées doubles. Désormais, 2 sound systems d’envergure internationale s’affrontent amicalement une fois par mois au Cabaret Sauvage. Un lieu plutôt bien adapté aux soirées de ce type, même si c’est un peu juste pour les massives venus en nombre ; aune arène centrale autour de laquelle sont placées les enceintes et la tour de contrôle, quelques tables tout autour et un vestibule accueillant les stands de disques. Tout en bois, ce qui donne une acoustique excellente en évitant les réflexions parasites mais nécessite de la puissance… les kilowatts sont signés par les normands du Blackboard Jungle. Un son propre avec une bonne couverture du spectre sonore, et bien sur de grosses basses – même si c’est moins surdimensionné que chez d’autres : seulement 8 sub-bass pour les 3 tours d’enceintes.

Pour ouvrir la saison, le programme rappelle de près le ‘Dub Academy’ du Ja’Sound, on ne s’en plaindra pas !

Le Blackboard Jungle fera un très bon warm-up avec African Simba, une bonne sélection riche en dubplates de goût, dont le sommet se situera probablement pendant leur tune de Tena Stelin en combinaison avec Culture Freeman ; l’énergie du « Fittest » associée à la prestance du « Locks », que rêver de mieux ?

King Earthquake, alias Errol Arawak fait ici sa seconde apparition en France (et même hors Angleterre) après le Ja’Sound de cet été. Il n’a pas amené son matériel cette fois, cela nous permettra de nous concentrer sur la sélection… un set de 2h composé uniquement de dubplates, toutes produites personnellement, avec une bonne proportion de cuts instrumentaux. Sa version de « Get Up, Stand Up » - d’ailleurs visionnable grâce à JahSound.net – reste dans la tête. Le son est un peu moins extrême qu’au Ja’Sound, mais ça sonne bien. Cela dit le matériel est poussé dans ses retranchements et semble souffrir…Les productions d’Errol sont digital only, tout en restant très roots avec des tempos plutôt lents ; il faut aimer, mais il est indéniable qu’il a su se forger un style original, reconnaissable entre mille. Très bientôt en interview dans Jah Fever !

Puis Aba Shanti-I arrive, en terrain conquis… mais lui a déjà joué par mal de fois dans la région parisienne. Un peu plus porté sur l’animation que sur la production, Aba livre comme à son habitude un set mêlant ultra-classiques et tunes obscures, du roots 70’s jusqu’au digital stepper actuel. Les spécialistes peuvent reprocher à Aba de ne pas être aussi pointu dans ses sélections que lorsqu’il joue chez lui, mais il sait au moins être accessible et faire plaisir à tout le monde… on en passe même par une version quasi-karaoké de ‘Chase the devil’ ! Jusqu’à ce que ce qui devait arriver n’arrive : à force d’abuser sur le son et particulièrement les aigus, les amplis surchauffent et sautent… ce qui interromps la soirée. Il reprendra sur la sono de la salle, ce qui ne donne pas tout à fait la même chose !

Cette soirée nous laisse tout de même d’excellent souvenir, et nous donne envie de renvenir pour le number 2. Pour la première fois en France, Jah Tubbys débarque avec son full crew… une légende du sound system rien de moins ! Les Heptones en première partie de soirée pour ne rien gâcher, autant dire que cela vaudra le déplacement, au choix Marseille (Espace Julien, le 12/11) ou Paris (Cabaret Sauvage, le 11/11, Vibronics en bonus).

Par Toni0
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Dimanche 26 février 2006

L’année débute fort à Grenoble : 2 sound system UK de choix à l’ADAEP, avec pour DJ résident Red Lion.

Le 21 Janvier tout d’abord, une soirée organisée par l’asso Anamounto aussi à l’origine du col des 1000, les désormais superstars du UK Dub en France : Iration Steppas. Leur style digital plait beaucoup de ce côté ci de la Manche, à tel point qu’ils font actuellement plus de dates en France qu’en Angleterre ! Et s’exportent partout ailleurs, tournées Norvégienne et japonaise prévues très bientôt.

Après un warm up assez Roots de Red Lion, les Iration Steppas (en formation sound system, donc concrètement Mark Iration en DJ set et Dennis Rootical qui surveille…) attaquent et préviennent : ce sera à l’anglaise, sans ordre particulier ni progression logique, c'est-à-dire qu’on pourra entendre un vieux roots enchaîné avec le plus obscur des steppas… plus de heavy dub steppa quand même, une seléction certes très électronique mais un peu plus roots que ce à quoi on aurait pu s’attendre les connaissant.

Mark nous lâchera un Aswad « African Children » (version « Live & Direct ») qui n’aura rien à envier au niveau enflammage collectif à leurs prods stepper… quoique le « What’s Wrong », bien que ne surprenant plus personne, est toujours aussi efficace, mixes exclusifs à l’appui ; enfin, delà à tenir 20 min avec, c’est peut-être un peu pousser.

La fin de soirée sera assurée par Red Lion, avec du son convenant pas mal au public habituel de ces heures là : plutôt loud et dark… Bonne réussite au final (une fréquentation record qui n’a pas été sans quelques tensions, certains sont restés à la porte) même si Mark Iration se lâche parfois un peu plus.

Deux semaines plus tard, à peine le temps de reprendre son souffle et c’est Jah Free qui débarque. Anglais lui aussi mais beaucoup mois connu en France que les précédents, il fait lui aussi dans les prods Digital mais dans un esprit habituellement beaucoup plus roots.

Un warm-up dans lequel Sis Ilie se fait plutôt bien remarquer avec des vocaux sympa sur de bonnes versions (comme le Jah Militia Dub de Russ D) ; son style vocal est particulier ce qui introduit une touche d’originalité, et l’animation qu’il manquait au sound – cela manque une peu de variété mais cela viendra sûrement au fil des sessions. Cela dit il y a de la concurrence : Gary James s’empare du micro sur le set de Jah Free. Ce timide anglais pur souche qui ne paie pas de mine a une voie en or – il a d’ailleurs chanté pour Goldmaster, ca ne trompe pas. Il chantera sur assez peu de morceaux mais c’est vraiment mémorable, « Conscious Ones » étant vraiment une pièce d’anthologie mais alors en Live… Pour ce qui est du mix, Jah Free est assez moderne : MD et effets numériques là où pour d’autres c’est platine vinyle et échos à bande, table de mix à la place du préamp… donc parfois un son un peu froid, mais largement rattrapé par la qualité mélodique des morceaux de sa sélection ; malgré le côté très digital c’est très accessible.

La seconde partie de son set sera un peu plus décevante avec un hommage à Marley qui fait un peu « Reggae plage », dixit Papa Flo. Enfin, il y a aussi un public pour le new roots mais est-ce celui de ce genre de soirées ? A partir de 3h ½ Red Lion reprend la main et ce sera sound clash jusqu’à 5h… il ne reste pas grand monde, dommage, car ce fut vraiment la meilleure partie de la soirée, les wicked versions s’enchaînent des 2 côtés et c’est plutôt convivial. La reprise de « Catch Vampire » (sur l’album « Unity ») sonne bien, quelques bons cuts de Vibronics et Alpha Omega… et un plaisir véritablement partagé par tous, artistes et public. On en redemande et on en aura d’autre d’ailleurs : prochains épisodes le 1er Avril (The Disciples) et le 22 Avril (Bush Chemists). Grenoble se mettrait-elle au UK dub ?

Thanks à Steph de Lions Den pour les photos.

Par Toni0
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